Diphtérie au Maroc : symptômes, contagion et calendrier vaccinal, les réponses aux questions des familles
Disparue des radars depuis 1992, la diphtérie refait parler d’elle au Maroc. Fin septembre, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a signalé deux foyers familiaux dans la région Souss-Massa et activé son protocole de riposte épidémiologique. Les autorités appellent les familles à vérifier le carnet de vaccination de leurs enfants.
Où en est la situation ?
Le 28 septembre 2026, le ministère a fait état de deux foyers familiaux limités, dans les préfectures et provinces d’Agadir Ida-Outanane et de Chtouka-Aït Baha. Les cas concernaient des enfants non vaccinés ou incomplètement vaccinés. Quelques cas isolés ont ensuite été signalés, dont un cas importé.
Selon un point de situation des autorités sanitaires daté du 14 octobre, relayé par la presse et par l’ambassade des États-Unis à Rabat, 15 cas avaient été confirmés à cette date, principalement dans les régions de Casablanca-Settat et de Souss-Massa. Les équipes sanitaires recherchent les contacts des malades, leur administrent un traitement préventif et organisent des vaccinations ciblées.
Qu’est-ce que la diphtérie ?
La diphtérie est une infection bactérienne contagieuse qui touche principalement la gorge et le nez, et parfois la peau. Sa gravité tient à la toxine produite par la bactérie, qui peut atteindre le cœur, les nerfs et les reins. Sans traitement adapté, la maladie peut être mortelle dans 5 à 10 % des cas.
Comment se transmet-elle ?
La bactérie se transmet surtout par les gouttelettes émises en toussant, en éternuant ou en parlant, et plus rarement par contact direct avec des lésions cutanées infectées. Les lieux de vie collective (famille, crèche, école) favorisent la transmission lorsque la couverture vaccinale est incomplète.
Quels symptômes doivent alerter ?
Les premiers signes apparaissent généralement 2 à 5 jours après la contamination :
- mal de gorge ou angine, fièvre, difficulté à avaler ;
- fausses membranes épaisses, blanc grisâtre, au fond de la gorge, qui peuvent saigner si on tente de les retirer ;
- écoulement nasal, parfois sanglant, ou plaie cutanée qui ne guérit pas.
Un gonflement important du cou, une voix enrouée ou une gêne respiratoire imposent une consultation en urgence. En cas de doute, il faut consulter rapidement et limiter les contacts rapprochés en attendant l’avis médical.
Comment est-elle prise en charge ?
Les cas suspects sont isolés, prélevés et traités rapidement, par antibiotiques et, selon l’avis médical, par sérum antitoxine. Les proches, camarades de classe, collègues et soignants exposés sont identifiés ; selon leur exposition et leur statut vaccinal, ils peuvent recevoir un antibiotique préventif et une dose de vaccin.
La vaccination, seule vraie protection
Le Programme national d’immunisation prévoit trois doses de vaccin à 2, 3 et 4 mois, puis des rappels à 18 mois et à 5 ans. Des rappels sont également recommandés à l’âge adulte. Les vaccins du programme sont gratuits dans les établissements de santé publics.
Les publics prioritaires sont les enfants dont le calendrier a été interrompu, les adolescents et les adultes dont les rappels ne sont pas à jour. Un retard ne nécessite généralement pas de tout recommencer : les doses manquantes sont rattrapées en fonction de l’âge et des vaccins déjà reçus.
Ce que les familles peuvent faire dès maintenant
- Vérifier le carnet de vaccination de chaque enfant et, en cas de doute, se rendre au centre de santé le plus proche.
- Faire le point sur ses propres rappels avec son médecin ou son pharmacien.
- Appliquer les gestes d’hygiène respiratoire, se laver les mains régulièrement et aérer les espaces partagés.
- S’informer auprès des sources officielles plutôt que sur les réseaux sociaux.
Pour en savoir plus sur les vaccins disponibles, consultez la fiche du vaccin antidiphtérique et antitétanique pour adultes et adolescents et notre rubrique Maladies.
Sources
Information importante : les informations publiées sur Provita sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.




