Rupture de stock d’un médicament : pourquoi elle survient et que faire
Votre pharmacien vous annonce que votre médicament est « en rupture » ? La situation est fréquente et souvent temporaire, mais elle peut être inquiétante lorsqu’il s’agit d’un traitement chronique. Pourquoi ces ruptures surviennent, comment elles sont encadrées au Maroc, et surtout : que faire, et ne pas faire, quand votre médicament manque.
Rupture, tension, pénurie : de quoi parle-t-on ?
On parle de rupture de stock lorsqu’une pharmacie ne peut pas délivrer un médicament dans un délai raisonnable. Elle peut être locale (une officine, une ville) ou nationale. Une tension d’approvisionnement désigne une disponibilité réduite, avec des livraisons irrégulières. La pénurie touche un médicament indisponible à l’échelle du pays, sans alternative immédiate.
L’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) reconnaît des ruptures ponctuelles et localisées, un phénomène observé dans de nombreux pays. Elle a en revanche démenti, en août 2025, des informations faisant état d’une pénurie de plus de 600 médicaments destinés aux maladies chroniques.
Pourquoi les ruptures surviennent
- Des difficultés de production chez le fabricant ou chez le fournisseur de matières premières, souvent situé à l’étranger ;
- des tensions sur le marché mondial, lorsque la demande internationale dépasse l’offre ;
- des retards d’importation ou de libération des lots ;
- des problèmes de distribution : quand le stock est limité, les grossistes peuvent servir certaines pharmacies en priorité, et certains produits peu vendus ne sont pas commandés ;
- l’arrêt de commercialisation d’un médicament par son laboratoire.
Comment le Maroc encadre les stocks
La réglementation impose des stocks de sécurité. Selon l’arrêté ministériel n° 263-02 de 2002 :
- les fabricants et importateurs doivent détenir en permanence un stock équivalant à au moins un quart (3 mois) de leurs ventes annuelles des spécialités concernées ;
- les grossistes-répartiteurs doivent détenir au moins un douzième (1 mois) de leurs ventes annuelles ;
- les stocks de sécurité sont déclarés chaque mois aux autorités.
L’AMMPS indique renforcer la veille et l’alerte précoce, suivre de près les médicaments essentiels et réunir régulièrement industriels et distributeurs au sein d’un comité mixte. En cas de besoin, la loi n° 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie permet une autorisation spécifique d’importation. L’agence prépare aussi une liste nationale des médicaments essentiels et la digitalisation de son observatoire du médicament, qu’elle veut transformer en système d’alerte précoce.
Le décret n° 2.25.631 sur le prix des médicaments, publié en 2026, ajoute un levier : en cas de pénurie aiguë ou de risque de rupture, les ministères de la Santé et des Finances peuvent prendre des mesures exceptionnelles et temporaires pour garantir la disponibilité d’un médicament.
Votre médicament manque : que faire ?
- Ne pas interrompre brutalement votre traitement. Pour certains médicaments (cardiaques, antiépileptiques, antidépresseurs, corticoïdes, insuline…), un arrêt soudain peut être dangereux.
- Demander à votre pharmacien s’il peut commander le produit auprès d’un autre grossiste, et dans quel délai.
- Essayer une autre pharmacie : une rupture est souvent locale.
- Anticiper : pour un traitement chronique, renouvelez votre ordonnance et faites votre demande en pharmacie quelques jours avant la fin de votre boîte.
- Consulter votre médecin si le médicament reste introuvable : il peut prescrire un autre médicament contenant la même substance active (un générique ou un autre princeps), ou adapter le traitement.
Au Maroc, le pharmacien ne peut pas, en principe, remplacer un médicament prescrit par un autre sans l’accord du médecin : le droit de substitution reste en discussion entre les autorités et les professions concernées. D’où l’importance de passer par votre médecin.
Ce qu’il ne faut pas faire
- acheter des médicaments sur internet, sur les réseaux sociaux ou dans des circuits informels : le risque de contrefaçon est réel ;
- utiliser le traitement d’un proche, même s’il « prend la même chose » ;
- modifier vous-même les doses pour faire durer une boîte.
Trouver une alternative avec Provita
Dans la base médicaments de Provita, chaque fiche indique la DCI du médicament, c’est-à-dire sa substance active. En cliquant dessus, vous retrouvez tous les médicaments qui contiennent la même molécule : une liste utile pour en parler avec votre médecin ou votre pharmacien. Et si votre traitement change, vérifiez les interactions avec vos autres médicaments grâce à l’ordonnance virtuelle.
Sources
- Finances News Hebdo : AMMPS, quelle stratégie pour diminuer les pénuries des médicaments essentiels ?
- Hespress FR : l’AMMPS dément une pénurie de 600 médicaments
- TelQuel : le droit de substitution, une réforme sous cloche
- Finances News Hebdo : pénuries de médicaments, quand la rupture de stock met des vies en danger
Information importante : les informations publiées sur Provita sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.




