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Médicaments & pharmacie

Pharmacovigilance : l’AMMPS lance VigiMobile et VigiUp pour signaler les effets indésirables

L’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) a lancé officiellement, le mercredi 4 novembre 2026 à Rabat, deux outils numériques de notification des effets indésirables : VigiMobile et VigiUp. Professionnels de santé et citoyens disposent désormais d’un moyen plus direct pour signaler un effet suspect lié à un médicament, à un vaccin ou à un autre produit de santé.

Un lancement placé sous le signe de la MedSafetyWeek

La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Marriott de Rabat, à l’occasion de la MedSafetyWeek 2026, organisée du 2 au 8 novembre. Cette campagne internationale annuelle, coordonnée par l’Uppsala Monitoring Centre (centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé), réunit des agences du médicament de plus de 120 pays autour d’un même message cette année : « Effets indésirables : ne les ignorez pas, signalez-les ».

L’AMMPS avait convié à l’événement les acteurs du secteur, dont les instances ordinales des pharmaciens. Dans son invitation, l’Agence inscrit cette initiative dans ses efforts visant à renforcer le dispositif national de vigilance sanitaire, à moderniser les mécanismes de notification et à impliquer davantage les professionnels de santé et les citoyens.

Ce lancement intervient quelques mois après une réorganisation importante : les activités de pharmacovigilance, longtemps assurées par le Centre national de pharmacovigilance rattaché au Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), ont été transférées à l’AMMPS, qui les a confiées à son Pôle Centre national des vigilances sanitaires et gestion des risques.

Deux applications, deux périmètres

  • VigiMobile est dédiée à la notification des effets indésirables liés aux médicaments et aux vaccins.
  • VigiUp couvre les autres produits de santé.

Les deux outils s’adressent à la fois aux professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes…) et au grand public : un patient ou un proche peut lui-même déclarer un effet qu’il soupçonne.

VigiMobile est une solution déjà adoptée par d’autres pays avec l’appui de l’OMS et de l’Uppsala Monitoring Centre. À Madagascar, où elle a été lancée en avril 2026, elle est utilisable sur téléphone, tablette ou ordinateur, y compris sans connexion, et conçue pour être interopérable avec les bases internationales de pharmacovigilance (VigiFlow, VigiBase). Les modalités précises d’accès à la version marocaine (téléchargement, inscription) sont à suivre sur le site de l’AMMPS.

« Des outils simples et à portée de main »

Dans le discours du ministre de la Santé et de la Protection sociale, lu par le secrétaire général du ministère, l’objectif a été résumé ainsi : mettre à la disposition des professionnels et des citoyens des outils simples et à portée de main.

Le Pr Samir Ahid, directeur général de l’AMMPS, a pour sa part rappelé que la sécurité des médicaments « ne se limite pas à leur autorisation de mise sur le marché ». Les essais cliniques ne portent que sur un nombre limité de patients, pendant une durée limitée : certains effets rares, tardifs ou propres à des populations particulières ne se révèlent qu’une fois le produit largement utilisé. D’où l’importance de la détection précoce des risques et de la participation de tous.

La veille, le 3 novembre, une rencontre de sensibilisation avait réuni étudiants et experts à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, en présence de son doyen, le Pr Younes Rahali, du directeur général de l’AMMPS et d’experts du Pôle Centre national des vigilances sanitaires et gestion des risques. Le réseau des Centres régionaux des vigilances est également mobilisé pour relayer la campagne.

Pourquoi déclarer un effet indésirable ?

La pharmacovigilance repose avant tout sur les notifications spontanées. Or la sous-notification reste un problème partout dans le monde : beaucoup d’effets ne sont jamais signalés, soit parce qu’ils paraissent bénins, soit parce qu’on doute de leur lien avec le traitement.

Chaque déclaration compte. Rassemblées et analysées, elles permettent aux autorités de repérer un signal, de mettre à jour la notice d’un produit, de restreindre ses indications, voire de le retirer du marché.

Un point important, rappelé par l’AMMPS : signaler un effet indésirable suspecté ne signifie pas que le médicament en est forcément responsable. Il n’est pas nécessaire d’être certain du lien de causalité pour déclarer ; c’est justement le rôle de l’évaluation menée par les experts.

Que signaler, et avec quelles informations ?

Tout effet nocif et non recherché survenu chez une personne qui prend un médicament, reçoit un vaccin ou utilise un produit de santé peut être déclaré, en particulier :

  • les effets graves (hospitalisation, mise en jeu du pronostic vital, séquelles) ;
  • les effets inattendus, non mentionnés dans la notice ;
  • les effets survenant chez des personnes plus vulnérables : enfants, femmes enceintes ou allaitantes, personnes âgées ;
  • les effets liés à des produits récemment mis sur le marché.

Pour qu’une notification soit exploitable, il est utile de préciser :

  • la personne concernée : âge, sexe, éventuels antécédents ou autres traitements en cours ;
  • le produit : nom commercial, dosage, numéro de lot si possible, date de début et, le cas échéant, d’arrêt ;
  • l’effet observé : description, date d’apparition, évolution (guérison, persistance…).

Les professionnels de santé en première ligne

Médecins et pharmaciens sont souvent les premiers à recueillir les plaintes des patients. Au comptoir de l’officine comme en consultation, la question « avez-vous remarqué quelque chose d’inhabituel depuis que vous prenez ce traitement ? » peut faire remonter un signal précieux. Avec des outils de notification accessibles sur téléphone, déclarer ne prend plus que quelques minutes.

Pour les patients, le réflexe reste le même : en cas d’effet inhabituel, en parler à son médecin ou à son pharmacien, et ne pas arrêter un traitement prescrit sans avis médical. En cas d’urgence, appeler le 141 (SAMU) ; en cas d’intoxication, le CAPM répond au 0801 000 180.

Pour en savoir plus : le site de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé, ammps.sante.gov.ma.

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Information importante : les informations publiées sur Provita sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.