Aller au contenu

Maladies & traitements

Journée mondiale du diabète : 2,7 millions de Marocains concernés, l’enjeu du dépistage précoce

Le 14 novembre, la Journée mondiale du diabète met cette année l’accent sur l’action précoce. Un message qui concerne directement le Maroc, où la maladie touche environ 2,7 millions d’adultes et où une part importante des personnes concernées l’ignore encore. Symptômes, dépistage, prévention : l’essentiel à savoir.

« Agir tôt face au diabète »

Pour l’édition 2026, l’Organisation mondiale de la santé retient le thème de l’action précoce : diagnostiquer plus tôt, garantir l’accès à des soins complets et lutter contre la stigmatisation des personnes diabétiques. Dans le monde, plus de 40 % des personnes vivant avec un diabète ne sont pas diagnostiquées. Les États membres de l’OMS se sont fixé pour objectif que 80 % d’entre elles le soient d’ici 2030.

Selon la Fédération internationale du diabète, quelque 589 millions d’adultes vivent avec la maladie, un chiffre qui pourrait dépasser 850 millions en 2050.

Le diabète au Maroc en chiffres

  • 2,7 millions d’adultes diabétiques, soit environ 10,6 % de la population adulte, selon le ministère de la Santé et de la Protection sociale ;
  • 10,4 % des adultes en situation de prédiabète, dont la moitié l’ignorent ;
  • plus de 1,5 milliard de dirhams de dépenses de prise en charge par l’assurance maladie, selon l’Agence nationale de l’assurance maladie.

Chaque année autour du 14 novembre, le ministère organise une campagne de dépistage des personnes à risque dans les établissements de soins de santé primaires. En 2025, elle s’était étendue sur un mois, du 14 novembre au 15 décembre.

Les signes qui doivent alerter

Le diabète de type 2, de loin le plus fréquent, s’installe souvent sans bruit pendant des années. Certains signes doivent toutefois pousser à consulter :

  • une soif intense et des envies d’uriner fréquentes, y compris la nuit ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • une vision floue ;
  • un amaigrissement inexpliqué ;
  • des infections à répétition ou des plaies qui cicatrisent mal.

Chez l’enfant et l’adolescent, le diabète de type 1 peut apparaître brutalement : soif, amaigrissement rapide, fatigue, parfois vomissements et douleurs abdominales. C’est une urgence médicale.

Qui doit se faire dépister ?

Un simple dosage de la glycémie, à jeun, permet de repérer la maladie. Le dépistage est particulièrement recommandé en cas de :

  • surpoids ou obésité, notamment abdominale ;
  • antécédents de diabète chez un parent, un frère ou une sœur ;
  • hypertension artérielle ou excès de cholestérol ;
  • diabète pendant une grossesse ou naissance d’un bébé de plus de 4 kg ;
  • sédentarité, âge supérieur à 45 ans.

Le diagnostic est généralement posé lorsque la glycémie à jeun atteint ou dépasse 1,26 g/L à deux reprises, ou lorsque l’hémoglobine glyquée (HbA1c) atteint 6,5 %. Entre une glycémie normale et le diabète, le prédiabète est une fenêtre précieuse : à ce stade, des changements d’hygiène de vie peuvent retarder, voire éviter, l’apparition de la maladie.

On ne meurt pas du diabète, mais de ses complications

Mal contrôlé pendant des années, l’excès de sucre dans le sang abîme les vaisseaux et les nerfs. Il expose à des complications graves : infarctus et AVC, atteinte des reins pouvant mener à la dialyse, atteinte de la rétine, plaies du pied pouvant conduire à l’amputation. D’où l’intérêt d’un suivi régulier : contrôle de l’HbA1c, de la tension, des reins, examen des yeux et des pieds.

Prévenir : des gestes simples mais efficaces

  • Bouger : au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, comme la marche rapide, selon les recommandations de l’OMS ;
  • manger équilibré : limiter les boissons sucrées, le pain blanc et les pâtisseries, privilégier légumes, légumineuses et céréales complètes ;
  • surveiller son poids : une perte de 5 à 10 % du poids chez une personne en surpoids améliore nettement la glycémie ;
  • arrêter le tabac, qui aggrave le risque cardiovasculaire.

Pour les personnes déjà diabétiques, le pharmacien est un relais de proximité : il peut aider à bien utiliser le lecteur de glycémie et les stylos d’insuline, et repérer les interactions médicamenteuses. Un traitement ne doit jamais être modifié ou arrêté sans avis médical.

DépistageDiabèteJournée mondiale du diabètePrédiabètePrévention

Information importante : les informations publiées sur Provita sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.