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Bien-être & prévention

Movember : cancer de la prostate, pourquoi et quand se faire dépister

Novembre est devenu le mois de la santé masculine, sous la bannière du « Movember ». L’occasion de parler du cancer de la prostate, l’un des cancers les plus fréquents chez l’homme au Maroc, encore trop souvent découvert à un stade avancé. Faut-il se faire dépister, à quel âge et comment ? Les réponses.

Un cancer fréquent, souvent diagnostiqué tard

Le cancer de la prostate figure, avec le cancer du poumon, en tête des cancers masculins au Maroc. Selon les estimations disponibles, il représenterait entre 4 000 et 5 000 nouveaux cas par an et près de 2 000 décès. Il touche surtout les hommes de plus de 60 ans.

Le principal problème reste le retard au diagnostic. Une étude menée auprès de patients suivis à Fès et à Oujda, publiée en 2024, montre un âge moyen au diagnostic de 72 ans et une maladie déjà étendue à l’ensemble de la glande, voire au-delà, chez plus de 70 % d’entre eux. Les auteurs soulignent l’absence de programme national de dépistage et plaident pour sa mise en place. Selon les spécialistes, la moitié des cas sont découverts à un stade avancé, quand les chances de guérison diminuent.

Un cancer longtemps silencieux

À ses débuts, le cancer de la prostate ne provoque généralement aucun symptôme. Les signes urinaires apparaissent souvent plus tard :

  • envies fréquentes d’uriner, notamment la nuit ;
  • jet faible ou difficulté à commencer à uriner ;
  • sensation de vidange incomplète de la vessie ;
  • présence de sang dans les urines ou le sperme ;
  • douleurs osseuses, en particulier au dos ou au bassin, à un stade avancé.

Ces troubles urinaires sont le plus souvent liés à une hypertrophie bénigne de la prostate, très fréquente avec l’âge. Ils justifient néanmoins une consultation pour en déterminer la cause.

Le dépistage : une décision à prendre avec son médecin

Le dépistage repose sur deux examens simples : le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) par une prise de sang et le toucher rectal réalisé par le médecin. En cas d’anomalie, une IRM de la prostate puis, si nécessaire, une biopsie permettent de confirmer ou d’écarter le diagnostic.

Le dépistage systématique de toute la population masculine fait débat dans le monde, car il peut conduire à traiter des cancers qui n’auraient jamais évolué. Les sociétés savantes d’urologie recommandent donc un dépistage individuel, discuté avec le médecin :

  • à partir de 50 ans pour la plupart des hommes ;
  • dès 45 ans en cas d’antécédents familiaux (père ou frère atteint) ou de facteurs de risque particuliers.

Détecté tôt, quand il est encore limité à la prostate, ce cancer se guérit dans la grande majorité des cas. Pour les petites tumeurs peu agressives, une simple surveillance active peut même suffire, en évitant les effets secondaires des traitements.

Des traitements qui progressent

Selon le stade et l’agressivité de la tumeur, plusieurs options existent : chirurgie (prostatectomie), radiothérapie, hormonothérapie, et pour les formes avancées, de nouvelles molécules qui ont nettement amélioré la survie ces dernières années. Le choix se fait en réunion de concertation pluridisciplinaire, en tenant compte de l’âge et de la qualité de vie du patient.

Movember : au-delà de la prostate

Le mouvement Movember, qui invite les hommes à se laisser pousser la moustache en novembre, porte aussi sur d’autres enjeux de santé masculine :

  • le cancer du testicule, qui touche surtout les hommes jeunes, de 15 à 35 ans : une boule ou une modification d’un testicule doit amener à consulter rapidement ;
  • la santé mentale : les hommes consultent moins souvent pour une souffrance psychique, alors qu’en parler est un premier pas essentiel.

Le message est le même pour tous : ne pas attendre que les symptômes s’installent pour consulter. Un bilan régulier chez son médecin traitant reste le meilleur réflexe.

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