AMO : les dépenses de santé progressent plus vite que les cotisations à la CNSS
Les dépenses de l’assurance maladie obligatoire (AMO) gérée par la CNSS progressent plus vite que ses recettes. En 2025, les prestations servies ont bondi de 17 %, à 22,65 milliards de dirhams, et le régime des travailleurs non salariés verse désormais 157 dirhams pour 100 dirhams de cotisations encaissées. Selon TelQuel, l’ensemble des prestations AMO absorbe 87 % des cotisations dues. Décryptage d’un équilibre qui se tend.
Plus de 25 millions de bénéficiaires
Les chiffres de l’année 2025 ont été présentés lors du conseil d’administration de la CNSS réuni le 3 septembre 2026. Tous régimes confondus, l’AMO gérée par la Caisse compte 25,08 millions de bénéficiaires éligibles, en hausse de 3 %. Le détail par régime :
| Régime | Couverture | Prestations 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Salariés du privé | plus de 4 millions d’assurés principaux | 9,22 Mds DH | +12 % |
| AMO Tadamon (ex-Ramed) | 3,95 millions de personnes | 8,49 Mds DH | +13 % |
| Travailleurs non salariés (TNS) | 1,69 million d’assurés principaux | 2,28 Mds DH | +24 % |
| AMO Achamil | 265 551 assurés principaux | 1,36 Md DH | assurés : +70 % |
| Total AMO | 25,08 millions de bénéficiaires | 22,65 Mds DH | +17 % |
Le régime des indépendants en déficit structurel
Le point le plus préoccupant concerne l’AMO des travailleurs non salariés : commerçants, artisans, professions libérales, agriculteurs. Son ratio prestations/cotisations atteint 157 % en 2025, en hausse de 25 points en un an. La CNSS parle elle-même d’un « déficit structurel ».
La cause est connue : beaucoup d’indépendants inscrits ne paient pas régulièrement leurs cotisations, alors que leurs dépenses de soins, elles, augmentent. La Caisse mise sur le renforcement des adhésions et l’amélioration du recouvrement. En 2025, ses opérations de recouvrement ont rapporté 5,25 milliards de dirhams, contre 4,79 milliards l’année précédente.
Pourquoi les dépenses augmentent
- Plus d’assurés qui se soignent : la généralisation de la couverture médicale a ouvert l’accès aux soins à des millions de personnes qui y renonçaient auparavant.
- Le poids des maladies chroniques : diabète, hypertension, cancers et insuffisance rénale pèsent lourd dans les remboursements, avec des traitements longs et parfois très coûteux.
- Le coût des médicaments : les médicaments représentent une part importante des dépenses. La révision des prix engagée par le décret n° 2.25.631 vise justement à faire baisser le prix des traitements les plus chers.
Ce que cela signifie pour les assurés
À court terme, rien ne change pour vos remboursements : les taux et les règles de prise en charge restent ceux fixés par la réglementation. Mais la tension financière nourrit plusieurs débats que le nouveau gouvernement, nommé le 16 octobre 2026, devra trancher :
- la révision de la tarification nationale de référence des actes médicaux ;
- la régulation des dépenses dans le secteur privé ;
- le recouvrement des cotisations des indépendants ;
- la place des médicaments génériques, moins chers, dans les prescriptions.
Ces questions ont d’ailleurs été au cœur d’un débat réunissant experts et responsables à Marrakech à la mi-octobre, consacré à la couverture médicale, aux tarifs et à la régulation.
Bien comprendre vos remboursements
Le remboursement d’un médicament dépend de sa base de remboursement, qui n’est pas toujours égale au prix affiché sur la boîte. Retrouvez le prix public de vente et le prix hospitalier de plus de 2 600 médicaments dans la base médicaments de Provita.
Sources
- Hespress FR : CNSS, plus de 25 millions de bénéficiaires de l’AMO en 2025
- Le Matin : digital, polycliniques, nouvelles filiales, ce qui change à la CNSS
- Innovant Magazine : l’AMO des non-salariés reste sous tension
- TelQuel : les prestations AMO absorbent 87 % des cotisations dues
- Finances News Hebdo : couverture médicale, tarifs et régulation en débat à Marrakech
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