Groupements sanitaires territoriaux : six régions passées au nouveau modèle hospitalier, ce qui change
Six groupements sanitaires territoriaux (GST) sur douze fonctionnent désormais au Maroc. Après Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, région pilote, ceux de Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa et Laâyoune-Sakia El Hamra ont démarré le 1er août 2026, suivis de Casablanca-Settat et Fès-Meknès le 1er septembre. Une réforme qui change la façon dont l’hôpital public est géré, et qui doit désormais faire ses preuves auprès des patients.
Qu’est-ce qu’un groupement sanitaire territorial ?
Créés par la loi n° 08.22, les GST sont des établissements publics dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Chaque groupement réunit, à l’échelle d’une région, l’ensemble des établissements publics de santé : centres de santé de proximité, hôpitaux provinciaux et régionaux, et centres hospitaliers universitaires (CHU).
Concrètement, la gestion des soins hospitaliers, de la formation et de la recherche ne relève plus d’une addition d’établissements isolés, mais d’une direction régionale unique. Les hôpitaux militaires, les bureaux communaux d’hygiène et certains établissements régis par des textes spécifiques restent en dehors de ce regroupement.
La réforme découle de la loi-cadre n° 06.22 relative au système national de santé. Lors de la première réunion du conseil d’administration du GST Souss-Massa, le chef du gouvernement de l’époque, Aziz Akhannouch, en avait résumé l’esprit : « l’objectif n’est plus seulement que chaque établissement de santé fonctionne de manière isolée », mais que la région fonctionne comme un système intégré.
Le calendrier du déploiement
- 2025 : lancement du modèle dans la région pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.
- Avril 2026 : nomination en Conseil des ministres des directeurs généraux de cinq GST (Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès, Souss-Massa et Laâyoune-Sakia El Hamra).
- 1er août 2026 : entrée en fonction des GST de Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa et Laâyoune-Sakia El Hamra.
- 1er septembre 2026 : entrée en fonction effective des GST de Casablanca-Settat et de Fès-Meknès.
- À venir : six régions attendent encore la nomination de leur directeur général et la fin des préparatifs : l’Oriental, Béni Mellal-Khénifra, Marrakech-Safi, Drâa-Tafilalet, Guelmim-Oued Noun et Dakhla-Oued Eddahab.
Ce que cela change pour les patients
Sur le papier, le GST doit fluidifier le parcours de soins : un patient pris en charge dans un centre de santé de proximité doit pouvoir être orienté plus facilement vers l’hôpital provincial, puis vers le CHU de sa région, sans rupture dans le suivi. Les GST de Casablanca-Settat et de Fès-Meknès ont présenté les mêmes priorités :
- mieux coordonner les niveaux de soins, du centre de santé au CHU ;
- mutualiser les ressources humaines, les équipements et les budgets à l’échelle régionale ;
- accélérer la numérisation et suivre des indicateurs de performance et de qualité ;
- améliorer l’accueil et les parcours de prise en charge.
Les directions insistent sur une transformation progressive, avec une continuité des services : rien ne change pour le patient dans l’immédiat quant à l’adresse de son centre de santé ou de son hôpital.
Ce que cela change pour les soignants
Pour les professionnels de santé, l’employeur change : ils relèvent désormais du groupement de leur région. C’est l’un des points les plus sensibles de la réforme. Les syndicats ont fait état de tensions sur la répartition des compétences, sur le retard de certains textes concernant la mobilité du personnel et sur le versement tardif de certaines indemnités. Les GST affichent de leur côté la volonté d’améliorer les conditions de travail et de renforcer la formation continue.
Les défis du nouveau gouvernement
La généralisation des GST est désormais entre les mains du gouvernement nommé le 16 octobre 2026, dans lequel Youns Bjijou occupe le portefeuille de la Santé et de la Protection sociale. Trois chantiers conditionnent la réussite de la réforme :
- achever le déploiement dans les six régions restantes ;
- apaiser le dialogue social avec les personnels transférés ;
- montrer des résultats concrets : délais d’attente, disponibilité des médicaments à l’hôpital, accès aux spécialistes.
Le projet de loi de finances 2027, qui prévoit 45,4 milliards de dirhams pour la santé, accompagne cette réorganisation par la mise en service de nouveaux CHU et la rénovation d’hôpitaux régionaux et provinciaux.
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Sources
- Hespress FR : trois nouveaux groupements sanitaires territoriaux entrent en fonction
- La Vie éco : le GST Casablanca-Settat entre officiellement en fonction
- Fès News Media : le GST Fès-Meknès démarre ses activités
- Hespress FR : les chantiers qui redessinent la santé au Maroc
- allAfrica (MAP) : le Roi nomme le nouveau gouvernement
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