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Médicaments & pharmacie

Laprophan en Bourse : 2,2 milliards de dirhams levés pour racheter Polymedic et grandir

Le laboratoire pharmaceutique Laprophan s’apprête à rejoindre la Bourse de Casablanca. L’opération, d’un montant maximal de 2,22 milliards de dirhams, est ouverte aux souscriptions du 9 au 17 novembre 2026, au prix de 341 dirhams par action. Le groupe y cherche surtout les moyens de financer le rachat du laboratoire Polymedic et la suite de son expansion.

Une opération en deux volets

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a visé le prospectus le 28 octobre 2026. L’offre porte sur 6 517 700 actions et combine :

  • une augmentation de capital de 4 105 500 actions nouvelles, soit environ 1,4 milliard de dirhams, prime d’émission comprise. Ces fonds reviennent à l’entreprise ;
  • une cession d’actions existantes : 2 412 200 titres vendus par MC IV Pharma et MC IV Morocco, véhicules du consortium mené par Mediterrania Capital Partners, entré au capital en 2023. Ce volet représente jusqu’à 822,6 millions de dirhams, au profit des vendeurs.

Si l’offre est entièrement souscrite, le public détiendra 37,64 % du capital et des droits de vote. Au prix d’introduction, la capitalisation théorique du groupe ressort à environ 5,9 milliards de dirhams.

Qui peut souscrire, et comment

L’offre est divisée en trois types d’ordres :

  • Type I (environ 72 % de l’offre) : investisseurs qualifiés, avec un minimum de 8 800 actions ;
  • Type II (environ 22,5 %) : grand public et autres investisseurs, sans minimum de souscription. Les titres seront d’abord alloués par lots de 100 actions par souscripteur, puis au prorata du reliquat ;
  • Type III (environ 5 %) : réservé aux salariés et dirigeants éligibles du groupe, au prix de 273 dirhams, soit une décote d’environ 20 %.

Les souscriptions sont ouvertes du 9 novembre au 17 novembre 2026 à 15 h 30. CFG Finance est conseiller financier et coordinateur global ; CFG Marchés est chef de file du syndicat de placement et Attijari Intermédiation co-chef de file. La date de première cotation sera communiquée par la Bourse de Casablanca.

Un groupe familial de plus de 75 ans

Fondé en 1949 par le Dr Abderrahim Bennis, Laprophan est aujourd’hui dirigé par Farid Bennis, président-directeur général. Selon les documents de l’opération, le groupe compte :

  • environ 1 450 collaborateurs ;
  • plus de 1 300 autorisations de mise sur le marché, couvrant une quinzaine d’aires thérapeutiques ;
  • 4 sites de production totalisant environ 76 500 m², pour une capacité de plus de 180 millions d’unités par an ;
  • des produits commercialisés dans plus de 50 pays et des filiales dans 8 pays.

Côté chiffres, le chiffre d’affaires consolidé a atteint 1,82 milliard de dirhams en 2025, contre 1,5 milliard en 2023, soit une croissance moyenne d’environ 10 % par an. Le résultat net consolidé s’est établi à 109,4 millions de dirhams en 2025 (+33,9 %). Au premier semestre 2026, les ventes ont progressé de 11,4 %, à 1,35 milliard de dirhams.

Polymedic, première destination des fonds

L’essentiel de l’argent levé doit servir à une acquisition : en octobre 2026, Laprophan a signé le rachat de Corporate Investment Holding, maison mère du laboratoire casablancais Polymedic. Fondé en 1964, Polymedic emploie près de 280 personnes, dispose d’un site industriel de 9 600 m² et de 138 autorisations de mise sur le marché. Selon la presse économique, près de 1,26 milliard de dirhams seraient consacrés à cette opération, toujours soumise à l’autorisation du Conseil de la concurrence.

Ce rachat prolonge une série de croissance externe : Amanys Pharma (100 %) et Botanic Pharma (75 %) en 2024, puis 60 % du laboratoire Rivopharm en février 2026. Le reste des fonds doit financer les investissements industriels (antibiotiques, injectables stériles), la recherche et développement, l’élargissement du portefeuille et le développement international.

Ce que cela dit du secteur

L’industrie pharmaceutique est très consommatrice de capitaux : mises aux normes des usines, développement de génériques et de biosimilaires, enregistrement des produits à l’export. Pour un laboratoire marocain, l’accès au marché boursier offre une source de financement alternative à la dette et au capital-investissement.

L’arrivée de Laprophan renforcerait aussi la place de la santé à la cote casablancaise, où le secteur reste peu représenté : il pèse environ 3 % de la capitalisation, selon des intervenants du marché. Le laboratoire y rejoindrait notamment Sothema et Promopharm, déjà cotés.

Pour le système de santé, l’enjeu dépasse la finance : la consolidation de la production locale est l’un des leviers de la souveraineté pharmaceutique, alors que le déficit commercial du Maroc en médicaments continue de se creuser.

Cet article est publié à titre d’information et ne constitue pas un conseil en investissement. Le prospectus visé par l’AMMC est disponible auprès des membres du syndicat de placement et sur le site de l’AMMC.

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