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Cystite aiguë

Cystite aiguë

La cystite est le nom donné à une inflammation de la vessie. Dans le langage courant, le terme cystite désigne une infection urinaire se limitant à la partie basse de l’appareil urinaire, ne remontant pas jusqu’aurein, cas dans lequel on parle de pyélonéphrite. Les femmes sont majoritairement touchées, car le risque d’infections urinaires est plus important, au vu de la taille de l’urètre féminin plus court, ce qui favorise la remontée des germes jusqu’à la vessie. Dans la majorité des cas, le germe en cause est Escherichia Coli.

Causes

Les cystites sont généralement causées par des bactéries (dans la plupart des cas à cause de Escherichia coli) qui remontent les voies urinaires (l’urètre pour atteindre la vessie), certaines situations peuvent alors favoriser son développement :

– Une mauvaise hygiène dans les régions intimes chez la femme (souvent suite à contamination par les bactéries des selles).

– Des malformations de l’appareil urinaire

– Des calculs (ex. calculs urinaires)

– Le diabète

– Des malformations de l’appareil urinaire

– Des rapports sexuels chez la femme (“syndrome de la lune de miel”).
Gabriel Schär, professeur de gynécologie et médecin-chef de la clinique pour femmes de l’hôpital cantonal d’Aarau (Suisse), explique pourquoi: «Le frottement occasionné par un rapport sexuel permet aux bactéries intestinales de passer plus facilement de la région anale à la région vaginale jusqu’à l’urètre et la vessie. Les germes s’arriment à la paroi de la vessie et provoquent ainsi une infection.»

– Des sondes urinaires

– Une grossesse (suite à une compression du foetus sur la vessie ce qui empêche une vidange complète)

– Le stress

– La constipation

– La ménopause, la chute des hormones à cette période diminue la protection au niveau de la vessie. De plus on observe à la ménopause un changement du pH vaginal, ce qui favorise l’entrée de Escherichia coli. Un pH bas (acide) empêche l’entrée de bactéries non désirées dans le vagin.

Diagnostic

LE DIAGNOSTIC SE POSE DEVANT:

Signes fonctionnels

Troubles mictionnels aigus irritatifs
Brûlures mictionnelles
Pollakiurie, impériosité, +/- hématurie terminale
Douleurs sus pubiennes, ténesme vésical

Pas de lombalgie

LE DIAGNOSTIC REPOSE SUR:

Clinique

Les urines troubles (+++)
La présence de leucocytes et/ou de nitrites à la bandelette confirme l’origine infectieuse
Une bandelette négative élimine le diagnostic

Pas de fièvre

Examens complémentaires

Cystite aiguë simple

L’ ECBU n’est pas indiqué dans la cystite aiguë simple
Seule la bandelette est recommandée
E. coli dans 90% des cas
Résistant à l’amoxicilline dans 40% des cas

Aucune imagerie
Aucun examen biologique

Cystite aiguë compliquée

ECBU : leucocytes altérés ≥ 104 /ml (ou 10 /mm3). Germes > 103 unités formant colonies (UFC) /ml pour les cystites aiguës à E. coli (et autres BG -), >105 UFC /ml pour les cystites à autres bactéries (CG +). A la recherche éventuelle d’un germe résistant (infection nosocomiale)

LE DIAGNOSTIC IMPOSE: D’éliminer les autres causes

De troubles mictionnels aigus (cystites aiguës “non bactériennes”)
Vésicales (cystite à urine claire)
Cystite interstitielle
Carcinome in situ
Cystite glandulaire
Les autres cystites; radiques, toxiques (endoxan), virales, …

Valeur des biopsies vésicales en cas de persistance des troubles et d’urines limpides en crise

Remarque: dans le langage courant, le terme de cystite sous-entend “bactérienne”, faut-il encore le vérifier sous peine d’erreur diagnostique

Pelvienne
Salpingite
Appendicite pelvienne
Sigmoïdite

Les autres cause d’urines troubles
Phosphates
Urates

Mais la bandelette et l’ECBU négatifs redressent le diagnostic

LE DIAGNOSTIC IMPOSE: D’en apprécier la gravité

Cystite bactérienne aiguë simple

La cystite aiguë simple est bénigne sans gravité immédiate et sans conséquence pour la vessie ou le rein.

Terrain:
Femmes de 15 à 65 ans sans facteur de risque (appareil urinaire sain dans un corps sain)
1 à 3 épisodes par an
En dehors de la grossesse

Evolution:
Est favorable en 24 à 72 heures jugée par la patiente sans qu’aucun contrôle clinique ou biologique ne soit nécessaire
En cas d’échec (5 à 10%) ou persistance des troubles au-delà de 3 jours :
Eliminer mauvaise observance du traitement (intérêt traitement monodose)
Faire un ECBU.

Traitement – Suivi
Premier épisode:
Traitement monodose instauré immédiatement (ou court)
Fosfomycine, Trométamol
ou Fluoroquinolone monodose, Lomefloxacine: 3 jours, Nitrofurantoïne 5 jours
Règles hygiéno-diététiques
Antalgiques ou antispasmodiques seulement si nécessaire

Echec: reprise des troubles < 1 mois (traitement inadéquat)
Vérifier ECBU (résistance)
Vérifier adhésion au traitement

Récidive – Rechute:

Recherche d’une cause (étiologie)
ASP
Echographie rénale, vésical pré et post-mictionnelle
Avis urologique (cystoscopie)

Traitement
Si < 4 épisodes / an
Traitement monodose de chaque épisode

Si > 4 épisodes / an = cystite récidivante (faire au moins un ECBU)
Traitements antiseptiques discontinus (prophylaxie)
Bactrim, Noroxine mardi et vendredi soir / 3 à 6 mois

Prévention des récidives: jus de canneberge (36 mg de pro anthocyanidine/J), pamplemousse

Cystite bactérienne aiguë compliquée

La cystite aiguë compliquée expose aux risques de récidive, de rechute, de ré infestation

Facteurs de risque:
Terrain
Femme après 65 ans, fillette avant 15 ans, grossesse
Les hommes
Diabète, Insuffisance rénale, SIDA, Transplantation

Anomalies de l’appareil urinaire
Résidu > 100 ml, malfaçon congénitale, lithiase, vessie neurologique, sonde à demeure, geste endoscopique (infection nosocomiale)

Evolution:
Dominée par l’échec

Impose la recherche d’une cause (étiologie)
ASP
Echographie rénale, vésical pré et post-mictionnelle
Avis urologique (cystoscopie)

Traitement – Suivi

Traitement classique
Nitrofurantoïne ≥ 7 jours ou Fluoroquinolone, Cépholosporine ≥ 8 jours
Adapté à l’antibiogramme (ECBU)
ECBU de contrôle 8 jours après l’arrêt du traitement

Source : Revue des Maladies de A à Z

Information importante : les informations publiées sur Provita sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.

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