Ostéoporose : une maladie silencieuse qui fragilise les os, comment la prévenir et la dépister
Elle ne fait pas mal, ne se voit pas et ne se révèle souvent qu’au moment d’une fracture. L’ostéoporose touche environ 30 % des femmes ménopausées au Maroc, selon les recommandations de la Société marocaine de rhumatologie. À l’occasion de la Journée mondiale de l’ostéoporose, célébrée le 20 octobre, le point sur une maladie que l’on peut prévenir, dépister et traiter.
Qu’est-ce que l’ostéoporose ?
L’ostéoporose est une maladie du squelette caractérisée par une diminution de la masse osseuse et une détérioration de la structure de l’os. L’os devient plus fragile et peut se fracturer à la suite d’un traumatisme minime, comme une simple chute de sa hauteur.
Les fractures les plus fréquentes touchent les vertèbres, le poignet et le col du fémur. Une fracture vertébrale peut passer inaperçue ou se manifester par un mal de dos, une perte de taille ou un dos qui se voûte. La fracture du col du fémur, chez la personne âgée, entraîne souvent une perte d’autonomie durable.
Qui est à risque ?
Les femmes sont les plus touchées, en raison de la chute des hormones à la ménopause, qui accélère la perte osseuse. Les recommandations marocaines de 2023 retiennent plusieurs facteurs de risque de fracture :
- un âge supérieur à 65 ans ;
- un faible poids (indice de masse corporelle bas) ;
- un antécédent personnel de fracture survenue après un choc léger ;
- une fracture de la hanche chez le père ou la mère ;
- une ménopause précoce ;
- un traitement prolongé par corticoïdes ;
- le tabagisme et la consommation d’alcool ;
- une immobilisation prolongée ;
- certaines maladies, comme les rhumatismes inflammatoires chroniques.
Les recommandations marocaines y ajoutent deux facteurs spécifiques observés dans la population : les grossesses multiples et un faible niveau socio-économique. Les hommes ne sont pas épargnés, notamment après 70 ans.
Comment la dépiste-t-on ?
Le diagnostic repose sur l’ostéodensitométrie (ou densitométrie osseuse, DMO), un examen indolore et rapide qui mesure la densité de l’os au niveau de la hanche et de la colonne lombaire. L’ostéoporose est retenue lorsque le résultat, appelé T-score, est inférieur ou égal à -2,5.
Selon les recommandations marocaines, cet examen est indiqué notamment :
- chez toute femme de plus de 65 ans ;
- chez une femme ménopausée ayant présenté une fracture sans traumatisme important ;
- chez une femme ménopausée sous corticothérapie prolongée ou présentant des facteurs de risque ;
- en cas de maladie pouvant entraîner une ostéoporose.
Parlez-en à votre médecin, qui évaluera l’intérêt de l’examen selon votre situation.
Prévenir : alimentation, soleil et mouvement
- Le calcium : les besoins sont estimés entre 800 et 1 200 mg par jour, de préférence apportés par l’alimentation (lait, yaourts, fromages, sardines avec leurs arêtes, amandes, légumes verts).
- La vitamine D : elle permet l’absorption du calcium. Elle est surtout fabriquée par la peau sous l’effet du soleil. Malgré l’ensoleillement, le déficit est fréquent ; votre médecin peut le doser et prescrire un complément si nécessaire.
- Les protéines : un apport suffisant est important, en particulier chez les personnes âgées.
- L’activité physique : la marche, la montée d’escaliers et les exercices d’équilibre renforcent l’os et réduisent le risque de chute.
- Le tabac et l’alcool : les éviter limite la perte osseuse.
- La prévention des chutes : bon éclairage, tapis fixés, chaussures adaptées, vue contrôlée.
Les traitements
Lorsqu’un traitement est nécessaire, plusieurs familles de médicaments ont démontré leur efficacité pour réduire le risque de fracture :
- les bisphosphonates, pris par voie orale une fois par semaine ou par mois (alendronate, risédronate), ou en perfusion annuelle (acide zolédronique) ;
- le dénosumab, administré par injection sous-cutanée tous les six mois ;
- chez les patients à risque très élevé, des traitements qui stimulent la formation osseuse, comme le tériparatide.
Le choix du traitement, sa durée et sa surveillance relèvent du médecin, généralement un rhumatologue. Les bisphosphonates oraux doivent être pris à jeun, avec un grand verre d’eau, en restant debout ou assis pendant au moins 30 minutes : suivez précisément les consignes de la notice et de votre médecin.
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Sources
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