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Médicaments & pharmacie

Antibiorésistance : les bons réflexes pour préserver l’efficacité des antibiotiques

Du 18 au 24 novembre 2026, la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens rappelle une réalité inquiétante : à force d’être mal utilisés, les antibiotiques perdent de leur efficacité. En pleine saison des rhumes et des grippes, le moment est bien choisi pour revoir les bons réflexes, du cabinet médical au comptoir de la pharmacie.

Une menace déjà bien réelle

La résistance aux antimicrobiens survient quand des bactéries, des virus, des champignons ou des parasites cessent de répondre aux traitements censés les éliminer. Pour les antibiotiques, le phénomène est naturel, mais il est considérablement accéléré par leur usage excessif ou inadapté, chez l’homme comme chez l’animal.

Selon une étude internationale de référence publiée dans The Lancet, les infections bactériennes résistantes ont été directement responsables d’environ 1,27 million de décès dans le monde en 2019, et associées à près de 5 millions de décès. Des infections urinaires, des pneumonies ou des infections après chirurgie deviennent plus difficiles, et parfois impossibles, à traiter.

« Une seule santé, une seule action »

Le thème retenu cette année par l’OMS et ses partenaires est « Une seule santé, une seule action : agir maintenant pour prévenir la RAM ». Il met en avant l’approche One Health : la santé humaine, la santé animale, l’agriculture et l’environnement sont liées, et les antibiotiques utilisés dans l’élevage ou rejetés dans la nature contribuent aussi à la sélection de bactéries résistantes.

Cette édition est la première organisée dans le cadre du nouveau Plan d’action mondial sur la RAM 2026-2036, qui vise notamment à réduire les décès liés aux bactéries résistantes et l’utilisation globale des antimicrobiens. Le Maroc s’est doté de son côté d’un plan stratégique national de prévention et de contrôle de la résistance aux antimicrobiens, fondé sur la même approche multisectorielle.

Rhume, grippe, angine : les antibiotiques ne sont pas automatiques

La plupart des infections respiratoires de l’hiver sont d’origine virale : rhume, grippe, bronchite aiguë, la majorité des angines et des otites. Les antibiotiques n’ont aucun effet sur les virus. Les prendre dans ces situations n’accélère pas la guérison, expose à des effets indésirables (troubles digestifs, allergies) et favorise l’apparition de résistances.

La confusion ne touche pas que les patients. Une enquête menée en 2023 auprès de médecins généralistes de neuf pays, dont le Maroc, et publiée dans PLOS Global Public Health, montre que 40,7 % des répondants jugeaient encore les antibiotiques utiles dans les infections respiratoires hautes, pourtant majoritairement virales. Ils étaient 94 % à souhaiter des formations sur la prescription raisonnée.

Les bons réflexes pour les patients

  • Ne pas prendre d’antibiotique sans ordonnance : ce sont des médicaments soumis à prescription médicale.
  • Ne pas réutiliser les restes d’un traitement précédent, ni partager ses antibiotiques avec un proche.
  • Respecter la dose, l’heure des prises et la durée prescrites, sans arrêter ni prolonger le traitement de sa propre initiative.
  • Ne pas insister auprès du médecin pour obtenir un antibiotique : demander plutôt comment soulager les symptômes.
  • Rapporter les médicaments non utilisés à la pharmacie plutôt que de les jeter dans l’évier ou la poubelle.
  • Prévenir les infections : lavage des mains, vaccination à jour, hygiène alimentaire.

Le rôle clé des médecins et des pharmaciens

Pour les prescripteurs, le bon usage passe par un diagnostic précis (le test de diagnostic rapide de l’angine, par exemple, permet de distinguer une angine virale d’une angine bactérienne), le choix de la molécule à spectre le plus étroit possible et la durée la plus courte efficace. Prendre le temps d’expliquer au patient pourquoi un antibiotique n’est pas nécessaire limite aussi le recours à l’automédication.

Le pharmacien, consulté en première intention pour de nombreux maux de l’hiver, est un acteur décisif : refuser la délivrance sans ordonnance, conseiller un traitement symptomatique adapté, orienter vers le médecin en cas de signes de gravité et rappeler l’importance de suivre le traitement jusqu’au bout.

Préserver l’efficacité des antibiotiques, c’est garantir qu’ils fonctionneront encore le jour où on en aura vraiment besoin.

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Information importante : les informations publiées sur Provita sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.