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Dossiers

Prix des médicaments au Maroc : quinze ans de bataille, d’El Ouardi à Tahraoui

Trop chers par rapport à nos voisins, pas assez rémunérateurs pour ceux qui les fabriquent et les vendent, trop lourds pour l’assurance maladie : depuis plus de quinze ans, le prix des médicaments est l’un des dossiers les plus sensibles de la santé au Maroc. Du rapport parlementaire de 2009 au décret de 2026, en passant par la grande réforme de Houssaine El Ouardi, cinq ministres s’y sont confrontés. Retour sur une bataille au long cours entre pouvoirs publics, industriels, pharmaciens et patients.

Au sommaire : le rapport qui a tout déclenché (2009) • El Ouardi et le décret de 2013 • Doukkali, entre baisses et soupçons • Aït Taleb et l’arme fiscale • Tahraoui et le décret qui divise • Ce que révèlent quinze ans de baisses • Chronologie

Avant 2012 : le rapport qui a tout déclenché

Pendant des décennies, le prix des médicaments a été fixé selon un cadre hérité d’un arrêté de 1969, fondé sur le coût déclaré par les laboratoires et peu révisé dans le temps. Un même médicament pouvait rester des années au même prix, quelle que soit l’évolution de son coût à l’étranger.

Le débat éclate publiquement en 2009. En octobre, l’Organisation mondiale de la santé pointe les difficultés d’accès aux médicaments au Maroc. Le 3 novembre, une mission d’information de la Chambre des représentants, supervisée par le député USFP Khalid Hariri, remet son rapport sur le prix du médicament. Ses conclusions font l’effet d’une bombe :

  • sur un panier de 14 médicaments princeps, les prix marocains dépassent ceux de la Tunisie de 31 à 189 % ;
  • 11 de ces 14 médicaments coûtent environ 30 % de plus qu’en France ;
  • pour les 12 produits les plus vendus, les patients marocains auraient payé 1,13 milliard de dirhams de plus entre 2004 et 2008 ;
  • le prix d’une même molécule varie de 1 à 7 selon la marque.

Le rapport met en cause à la fois des pratiques commerciales d’une partie de l’industrie, une réglementation jugée dépassée et la faible prescription de génériques. Il recommande une politique nationale du médicament, une nouvelle procédure de fixation des prix, un prix de référence et un droit de substitution pour le pharmacien. L’industrie, par la voix de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP), conteste : selon elle, les prix sont justifiés par l’exigence de qualité. Elle publie sa propre étude en mars 2010.

Le diagnostic est posé. Les termes du débat aussi, et ils n’ont guère changé depuis.

2012-2017 : El Ouardi et la première grande réforme

Un accord, des fractures

Nommé ministre de la Santé en janvier 2012, Houssaine El Ouardi fait de la baisse des prix une priorité. Le 11 juillet 2012, un accord est signé entre le ministère et les associations d’industriels (AMIP et AMMG, pour les génériques) sur le principe d’une comparaison internationale des prix. La Fédération nationale des syndicats de pharmaciens et deux conseils régionaux de l’Ordre le rejettent et quittent la commission de concertation. En novembre 2012, une première baisse touche 320 spécialités.

La méfiance est réciproque. En juin 2013, face aux rumeurs d’un « accord secret » qui aurait autorisé des hausses, le ministre dément devant les conseillers toute responsabilité de son département. En septembre 2013, ce sont les industriels (AMIP, AMMG et Maroc Innovation Santé) qui dénoncent une « démarche unilatérale » et brandissent la menace d’effets « catastrophiques » sur l’industrie locale et l’investissement.

Le décret de décembre 2013

Le gouvernement passe outre. Le décret n° 2-13-852 du 18 décembre 2013 change la logique de fixation des prix :

  • un panier de pays de référence : Arabie saoudite, Belgique, Espagne, France, Portugal, Turquie, ainsi que le pays d’origine du médicament ;
  • pour un nouveau princeps, le prix fabricant retenu est le plus bas observé dans ces pays ;
  • les génériques doivent être moins chers que leur princeps, avec un écart (« décrochage ») qui augmente avec le prix, jusqu’à 50 % pour les produits les plus chers ;
  • une révision des prix tous les cinq ans, au renouvellement de l’autorisation de mise sur le marché ;
  • une nouvelle grille de marges, dégressive : le pourcentage revenant au grossiste et au pharmacien diminue lorsque le prix augmente.

Juin 2014 : la grande baisse

Le premier effet massif arrive au printemps 2014. Une décision publiée au Bulletin officiel en avril fixe la baisse des prix de 1 258 médicaments, de 30 à 60 % pour une partie d’entre eux, surtout des traitements de maladies lourdes et chroniques : cardiologie, diabète, cancérologie, antibiotiques. Elle entre en vigueur le 9 juin 2014.

L’opération est un casse-tête logistique. Il faut réétiqueter des dizaines de millions de boîtes et compenser les pharmaciens pour les stocks achetés à l’ancien prix. Un protocole est signé le 8 avril 2014 entre le ministère, les industriels, les distributeurs et la fédération des pharmaciens : les grossistes accordent notamment aux officines un avoir sur leur inventaire. Mais les pharmaciens dénoncent déjà un impact non maîtrisé sur leur chiffre d’affaires, puisque leur rémunération est proportionnelle au prix des médicaments.

L’hépatite C, vitrine de la réforme

Le dossier le plus symbolique de l’ère El Ouardi reste celui de l’hépatite C. En décembre 2015, le laboratoire marocain Pharma 5 commercialise un générique du sofosbuvir, une molécule révolutionnaire dont le prix atteignait plusieurs centaines de milliers de dirhams par traitement à l’étranger. Le générique est proposé à 3 000 dirhams la boîte, soit environ 9 000 dirhams pour une cure. Le ministre promet alors « un Maroc sans hépatite C en 2020 ». D’autres baisses suivront, plus ciblées : 14 médicaments en novembre 2016, 75 au début de 2017.

2018-2019 : Doukkali, entre baisses et soupçons

Anass Doukkali, nommé en janvier 2018 après le limogeage de son prédécesseur, s’appuie sur un nouvel outil : la fiscalité. La loi de finances 2019 exonère de TVA les médicaments dont le prix fabricant dépasse 588 dirhams, ainsi que certains antibiotiques. En février 2019, le ministère annonce la révision à la baisse de 319 médicaments (antibiotiques, traitements de l’anémie, de l’épilepsie, de la sclérose en plaques, de la polyarthrite), après 11 autres quelques jours plus tôt.

Le ministre réunit aussi les industriels pour parler marges et attractivité de l’investissement : le débat glisse vers un sujet qui deviendra central, celui des médicaments devenus trop peu chers pour être rentables. En juin 2019, la presse révèle la hausse du prix de 14 médicaments en rupture de stock et sans générique, de 10 à 150 dirhams. Une partie des médias y voit un recul face aux industriels ; le ministère la justifie par la nécessité de maintenir ces produits sur le marché. L’épisode illustre une tension qui ne quittera plus le dossier : baisser les prix, oui, mais sans faire disparaître les médicaments.

2019-2024 : Aït Taleb, l’AMO et l’arme fiscale

Khalid Aït Taleb arrive en octobre 2019. Son mandat est marqué par la pandémie de Covid-19, puis par la généralisation de l’assurance maladie obligatoire, qui change l’équation : avec des millions de nouveaux assurés, chaque dirham sur le prix d’un médicament pèse sur l’équilibre des caisses.

En janvier 2023, devant les députés, le ministre reconnaît que les prix restent plus élevés que dans d’autres pays et cite les marges bénéficiaires, qui « doivent être révisées ». Une commission et un bureau d’études planchent sur le sujet. Dans le même temps, le Maroc se dote d’une politique pharmaceutique nationale 2023-2027 et d’une Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), créée par la loi 10-22.

Le levier le plus visible reste fiscal. La loi de finances 2024 supprime la TVA de 7 % sur l’ensemble des médicaments et sur leurs matières premières. Résultat : une liste de baisses portant sur environ 4 500 médicaments est publiée au Bulletin officiel en janvier 2024. Les industriels locaux, réunis au sein de la FMIIP, s’en inquiètent : privés de la possibilité de récupérer la TVA payée sur leurs achats, ils y voient une menace pour la production nationale face aux importations.

Quelques jours avant de quitter le ministère, en octobre 2024, Aït Taleb annonce encore la baisse de 169 médicaments, jusqu’à 59 % pour certains traitements de maladies chroniques.

2024-2026 : Tahraoui et le décret qui divise

Un constat : le système de 2013 a atteint ses limites

Amine Tahraoui, nommé en octobre 2024, hérite d’un dossier à la fois avancé et bloqué. Selon les décisions parues au Bulletin officiel, plus de 5 350 produits ont vu leur prix baisser depuis 2021. Mais le ministre le reconnaît dès janvier 2025 : malgré la réforme de 2013, le prix des médicaments reste controversé, et le système peine à contenir le coût des médicaments innovants, alors que les médicaments représentent environ un tiers des remboursements de l’assurance maladie.

Mai 2025 : la colère des pharmaciens

Le 26 mai 2025, le ministre annonce devant les députés une révision approfondie du système de tarification. La riposte est immédiate : la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) dit avoir découvert le projet dans la presse, dénonce un texte préparé sans concertation et affirme qu’environ un tiers des officines sont menacées de fermeture. Les industriels, eux, s’inquiètent de la méthode de fixation des prix des génériques, tandis que les associations de consommateurs réclament des baisses rapides.

Mars 2026 : le Conseil de la concurrence s’en mêle

En mars 2026, le Conseil de la concurrence publie un avis très attendu sur la distribution du médicament. Il décrit un système sous tension :

  • des grossistes-répartiteurs dont un sur cinq est en perte ou quasi nulle rentabilité, et qui supportent des retards de paiement des officines dépassant souvent 100 jours ;
  • des pharmacies dont la marge nette réelle tourne autour de 8 à 10 %, et dont seulement un dixième atteint le chiffre d’affaires qui impose l’embauche d’un pharmacien assistant ;
  • des importations de médicaments de 10,6 milliards de dirhams en 2024, pour 1,6 milliard d’exportations.

Il recommande notamment de réviser les prix tous les trois ans au lieu de cinq, de rémunérer les pharmaciens par une combinaison de marge et d’honoraires de dispensation, de revaloriser les marges sur les médicaments coûteux, de libéraliser les prix des médicaments de confort non remboursés et d’ouvrir, à terme et sous conditions, un droit de substitution par les génériques.

Juillet 2026 : le décret 2.25.631

Le décret est adopté en Conseil de gouvernement le 22 juillet 2026. Il reprend une partie des pistes du Conseil de la concurrence : révision des princeps tous les trois ans, alignement sur le prix le plus bas des pays de référence au-dessus de 300 dirhams, génériques jamais plus chers que leur princeps, conventions de remise pour les médicaments à fort impact financier et mécanisme dérogatoire en cas de pénurie. Le ministre en attend au moins un milliard de dirhams d’économies par an. Une première liste d’environ 150 médicaments révisés paraît au Bulletin officiel le 15 octobre 2026 ; l’ensemble des prix doit être revu dans les douze mois suivant l’entrée en vigueur du texte.

La CSPM dénonce un texte qui reproduirait les faiblesses de celui de 2013 : disparition des médicaments à bas prix, ruptures, recul de la production nationale dans la couverture des besoins (de 80 % à environ 50 %, selon elle) et des baisses qui profiteraient surtout aux caisses d’assurance plutôt qu’aux patients. Le ministère y voit au contraire l’outil qui manquait pour contenir la dépense.

Les marchés publics, autre front

Le mandat de Tahraoui a aussi été marqué par une polémique sur les achats publics de médicaments. En novembre 2025, le député PJD Abdellah Bouanou a mis en cause l’attribution de marchés au laboratoire Pharmaprom, lié à la famille d’un membre du gouvernement. Le ministre a rejeté ces accusations, en expliquant que le marché visé avait été attribué par appel d’offres à un fabricant local. Le parquet a ouvert une enquête. L’affaire ne porte pas sur le prix public des médicaments, mais elle a nourri le climat de défiance autour du secteur.

Le 16 octobre 2026, Amine Tahraoui cède sa place à Youns Bjijou dans le nouveau gouvernement. Le chantier d’application du décret, lui, ne fait que commencer.

Ce que révèlent quinze ans de baisses

Des baisses nombreuses, souvent modestes

Une étude universitaire portant sur les décisions publiées au Bulletin officiel entre avril 2014 et septembre 2019 donne la mesure de la réforme de 2013 : sur 7 292 médicaments analysés, 2 747 ont vu leur prix baisser (37,7 %), dont près des deux tiers étaient des génériques. Mais 27,7 % de ces baisses étaient inférieures à 1 % du prix, et la plupart représentaient moins de 0,5 euro par boîte. Les grandes baisses spectaculaires ont concerné un nombre limité de produits chers.

Le paradoxe du médicament trop bon marché

À chaque vague, le même avertissement revient : un médicament dont le prix devient inférieur à son coût de production ou d’importation finit par disparaître des rayons. Les ruptures de stock récurrentes, les hausses ponctuelles accordées pour maintenir certains produits (comme en 2019) et le mécanisme dérogatoire du décret de 2026 montrent que le problème n’a jamais été résolu.

Le pharmacien, variable d’ajustement

La marge du pharmacien étant proportionnelle au prix, chaque baisse réduit mécaniquement sa rémunération. C’est la raison de fond de la résistance de la profession depuis 2012, et de sa demande, désormais appuyée par le Conseil de la concurrence, d’une rémunération en partie déconnectée du prix. Ce débat rejoint celui de l’ouverture du capital des officines.

Industrie locale contre importations

Les industriels marocains défendent depuis 2013 le même argument : des prix trop bas découragent l’investissement et favorisent les importations, au détriment de la souveraineté pharmaceutique. Le creusement du déficit commercial en médicaments nourrit leurs inquiétudes, tandis que les pouvoirs publics misent sur la production locale de génériques pour faire baisser la facture.

Le patient, bénéficiaire indécis

Pour le patient, l’effet dépend de sa couverture. Une baisse réduit directement la dépense de celui qui paie de sa poche, et le reste à charge des assurés. Mais lorsque les baisses portent surtout sur les médicaments coûteux, largement remboursés, ce sont d’abord les organismes d’assurance qui en profitent, ce que les pharmaciens ne manquent pas de souligner. Pour bien comprendre le prix affiché sur une boîte et ce qui est remboursé, notre guide fait le point.

Les questions qui restent ouvertes

  • La mise en œuvre du décret de 2026 : la révision de tous les prix en douze mois sera-t-elle tenue, et sans nouvelles ruptures ?
  • La rémunération des pharmaciens : le gouvernement suivra-t-il la recommandation d’honoraires de dispensation ?
  • Les génériques : le droit de substitution, recommandé dès 2009, verra-t-il enfin le jour ?
  • Les médicaments innovants : comment financer les traitements les plus coûteux, notamment en cancérologie, sans déséquilibrer l’assurance maladie ?
  • La transparence : publication des prix de référence, des conventions de remise et des données de consommation.

Autant de dossiers qui figurent désormais sur le bureau de Youns Bjijou.

Chronologie

Date Événement
1969 Arrêté encadrant la fixation du prix des médicaments, en vigueur jusqu’à la réforme de 2013
3 nov. 2009 Rapport de la mission parlementaire d’information sur le prix du médicament
Mars 2010 Réponse de l’industrie (AMIP) sur les « réalités » du prix des médicaments
Janv. 2012 Houssaine El Ouardi nommé ministre de la Santé
11 juil. 2012 Accord ministère-industriels sur la comparaison internationale des prix
Nov. 2012 Baisse du prix de 320 spécialités
18 déc. 2013 Décret n° 2-13-852 sur la fixation du prix des médicaments
9 juin 2014 Entrée en vigueur de la baisse de 1 258 médicaments
Déc. 2015 Générique marocain du sofosbuvir (hépatite C) en pharmacie
Janv. 2018 Anass Doukkali nommé ministre de la Santé
Fév. 2019 Exonération de TVA des médicaments chers et baisse de 319 médicaments
Juin 2019 Hausse du prix de 14 médicaments en rupture, polémique
Oct. 2019 Khalid Aït Taleb nommé ministre de la Santé
Janv. 2024 Suppression de la TVA sur tous les médicaments, baisse d’environ 4 500 produits
Oct. 2024 Annonce de la baisse de 169 médicaments ; Amine Tahraoui nommé ministre
26 mai 2025 Annonce de la révision du système de tarification, colère des pharmaciens
Mars 2026 Avis du Conseil de la concurrence sur la distribution du médicament
22 juil. 2026 Adoption du décret n° 2.25.631
15 oct. 2026 Première liste d’environ 150 médicaments révisés au Bulletin officiel
16 oct. 2026 Youns Bjijou nommé ministre de la Santé et de la Protection sociale

Sources

  • La Vie Éco : Le rapport parlementaire qui confirme la cherté du médicament (2009)
  • Pharmacie.ma : Prix des médicaments, quoi de neuf ? (Abderrahim Derraji)
  • Le360 : Prix des médicaments, tir groupé sur El Ouardi (2013) ; Hausse des prix des médicaments, « je n’y suis pour rien » (2013)
  • Le Quotidien du Médecin : Au Maroc, les prix de 1 258 médicaments vont baisser (2014)
  • Le360 : Hépatite C, le générique du sofosbuvir en pharmacie (2015)
  • TelQuel : 319 médicaments concernés par une nouvelle baisse des prix (2019)
  • Le360 : Anass Doukkali augmente le prix de 14 médicaments (2019)
  • LeSiteInfo : La baisse des prix des médicaments expliquée par Aït Taleb (2023)
  • Le360 : Exonération de la TVA sur les médicaments, une menace pour la production locale (2023)
  • Infomédiaire : Baisse des prix d’environ 4 500 médicaments (2024)
  • Challenge : Les prix de 169 médicaments bientôt revus à la baisse (2024)
  • Le Matin : Les prix de 190 médicaments bientôt revus à la baisse (2025) ; Les pharmaciens dénoncent la décision de réviser les prix (2025)
  • Le360 : Polémique sur les marchés du médicament (2025)
  • Finances News Hebdo et LeBrief : avis du Conseil de la concurrence sur la distribution du médicament (2026)
  • Annales Pharmaceutiques Françaises : Évaluation du prix des médicaments figurant sur les bulletins officiels au Maroc (2014-2019)

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